UNION JACK CLASSIC : belle réussite pour une premièreArizona State bat Kansas 24-17

ASU !
ASU ! (T.Savoja, FA.com)
le 20/09/2026 à 15:57 par Thomas Savoja

Londres, le 19 Septembre 2026 - Il y a quelque chose d’irréel à voir une équipe de college football pénétrer sur la pelouse de Wembley avec son marching band, ses cheerleaders, ses mascottes et ses supporters en jaune et bleu. Pendant quelques heures, le temple du football anglais a changé de langue. Ici, pas de chants de Premier League ni de drapeaux anglais agités dans les tribunes : les Jayhawks du Kansas et les Sun Devils d’Arizona State sont venus écrire une nouvelle page de l’histoire du football américain. Et pour un photographe comme moi qui a eu la chance de couvrir des nombreuses équipes de la Big XII par le passé, difficile d’imaginer un décor plus spectaculaire, et ce à quelques heures de Paris !

Les couleurs, les casques, les groupes de supporters, les joueurs qui découvrent l’immensité du stade, les préparatifs du tailgate… Tout rappelle que le college football est autant une expérience culturelle qu'un sport. Sauf qu'à Wembley, cette culture américaine se retrouve transplantée au cœur de Londres. C'est d'ailleurs une première historique puisque jamais un match de football universitaire FBS n'avait été disputé au Royaume-Uni.

Et devant 46 523 spectateurs, Wembley a finalement ressemblé à un samedi typique dans la BIG XII.

UNE JOURNÉE QUI COMMENCE BIEN AVANT LE KICKOFF

Le college football ne commence jamais vraiment au coup d'envoi. À Wembley encore moins.

Autour du stade, l'ambiance monte progressivement. Les fans d'Arizona State et de Kansas se mélangent aux curieux britanniques venus découvrir cette version spectaculaire du football américain. Le tailgate, les stands, les musiciens et les animations donnent au stade des airs de campus géant déplacé à plusieurs milliers de kilomètres des États-Unis.

Puis viennent les images que l'on ne voit jamais complètement à la télévision. Les joueurs qui sortent du tunnel. Les casques alignés. Les photographes qui prennent position. Les conditions de shooting sont compliquées car je ne peux pas bouger de la end zoneEnd Zone
Zone d'en-but de 10 yards située de chaque côté du terrain.
. C'est la première fois de ma carrière que je reste tout le match au même endroit !

Quels plaisir de retrouver les marching bands qui donnent soudain une autre dimension sonore au stade. Et surtout, cette sensation étrange de photographier du college football dans un endroit qui appartient normalement à l'histoire du football anglais.

Pendant quelques heures, Wembley n'est plus seulement Wembley. C'est Lawrence, Kansas. C'est Tempe, Arizona.

C'est une journée de Big 12 à Londres.

UN MATCH QUI SE JOUE SUR LES ERREURS

Sur le terrain, pourtant, le spectacle ne tarde pas à devenir beaucoup plus pragmatique.

Arizona State prend rapidement les commandes. Carson Smith ouvre le score sur un field goalField Goal (FG)
coup de pied à 3 points effectué le plus souvent en 4ème tentative quand l'attaque a été bloquée. Il est joué depuis l'endroit où la dernière action c'est achevée. En cas de réussite c'est 3 points et engagement. En cas d'échec, la possession change de camp mais il y a deux possibilités : avant le snapSnap
signal de départ de l'action, quand le centre transmet la balle au QB.
, la balle était à l'intérieur des 20 yards, on replacera alors la balle sur la ligne des 20 yards ou elle était placée au-delà des 20 yards, on la replacera au même endroit.
de 39 yards dans le premier quart-temps. Kansas répond au deuxième quart grâce à l'un des premiers grands moments de la rencontre.

Tate Nagy récupère un puntPunt
action utilisée en 4ème tentative et x yards à parcourir. Plutôt que de tenter les x yards, l'attaque choisit de botter le plus loin possible pour faire reculer son adversaire.
et traverse 72 yards pour inscrire un touchdownTouchdown (TD)
c'est l'essai qui vaut 6 points et qui peut être transformé au choix à 1 ou 2 points. Il suffit que le ballon pénètre dans la endzone. (pas besoin d'aplatir)
7-3 Kansas. Dans les tribunes, l'énergie change immédiatement.

Mais les Sun Devils vont reprendre l'avantage juste avant la pause. Cutter Boley trouve Reed Harris pour un touchdown de 25 yards. Arizona State rentre aux vestiaires devant 10-7.

Et c'est au retour des vestiaires que le match bascule. Sur le premier kickoffKickoff
coup de pied d'engagement en début de mi-temps. Effectué balle à terre depuis la ligne des 30 yards de l'équipe qui engage.
du troisième quart-temps, Jaren Hamilton remonte 100 yards jusqu'à la end zone. Un touchdown sur retour de kickoff de 100 yards, dans un Wembley encore humide.

17-7 Arizona State.

Pour le photographe placé derrière l'en-but, c'est évidemment le genre de séquence que l'on espère avant même de savoir qu'elle va arriver : un terrain immense, un joueur qui accélère, les poursuivants qui disparaissent progressivement dans son sillage et une end zone qui se rapproche. J'ai réussi quelques clichés sympa de cette envolée !

KANSAS DOMINE LES STATISTIQUES. ARIZONA STATE GAGNE LE MATCH.

C'est probablement ce qui rend cette rencontre particulièrement intéressante à analyser.

Kansas a gagné la bataille des yards. Les Jayhawks terminent avec 414 yards d'attaque, contre seulement 228 pour Arizona State. Ils obtiennent également 22 first downsFirst Down
1ère tentative. Série de 4 tentatives dont l'attaque dispose pour couvrir un minimun de 10 yards.
contre 13 pour les Sun Devils.

Mais le football américain se joue parfois moins dans la quantité de yards gagnés que dans la capacité à ne pas offrir de possessions supplémentaires. Et Kansas a perdu le ballon à trois reprises sur des fumblesFumble
quand le porteur du ballon laisse échapper celui-ci par maladresse ou suite à un choc. Le ballon est alors à terre mais vivant et c'est la 1ère équipe qui le ramasse qui en prend la possession. Avec les interceptions, le fumble est la seconde façon de rendre le ballon à l'adversaire. Ensemble, ils constituent des Turnovers (pertes de balle). C'est souvent cette stat. qui décide de l'issue de la rencontre.
, tandis qu'Arizona State n'en a perdu aucun. Les Jayhawks ont également lancé une interceptionInterception
passe du QBQuarterback
c'est le stratège de l'équipe. Il décide des tactiques avec ses coachs. Il est chargé de transmettre la balle à ses coureurs et de distiller les passes à ses receveurs.
rattrapée par un défenseur (un adversaire).
.

Au total : trois turnovers pour Kansas contre zéro pour Arizona State. C'est énorme. Et cela explique en grande partie comment une équipe peut gagner avec 228 yards d'attaque tout en encaissant 414.

Kenny Dillingham, le coach d'Arizona State, ne s'en cachait d'ailleurs pas après la rencontre : son équipe a accepté de perdre la bataille statistique pour gagner celle du tableau d'affichage.

BOLEY, LE QUARTERBACK QUI N'A PAS BESOIN DE JOUER UN GRAND MATCH

Cutter Boley n'a pas livré une ligne statistique qui restera dans les annales.

11/23, 95 yards, 1 touchdown, 0 interception.

Moins de 50 % de passes complétées.

Pourtant, il fait suffisamment pour permettre à Arizona State de gagner.

Son touchdown pour Reed Harris à la fin de la première mi-temps est important, et Boley ajoute lui-même un touchdown au sol d'une yard dans le quatrième quart-temps pour donner aux Sun Devils une avance de 24-7.

En face, Isaiah Marshall est beaucoup plus productif dans les airs.

17/33, 235 yards, 1 touchdown et 1 interception.

Kansas termine également avec 179 yards au sol, contre 133 pour Arizona State.

Mais les Jayhawks ont trop souvent laissé échapper les occasions qui auraient pu transformer cette domination statistique en victoire.

UN DERNIER SURSAUT DES JAYHAWKS

À 24-7, la rencontre semble pratiquement terminée.

Mais Kansas refuse de disparaître.

À 6:52 de la fin, Marshall trouve à nouveau Tate Nagy, cette fois pour un touchdown de 38 yards.

24-14.

Quelques minutes plus tard, Martin Connington ajoute un field goal de 46 yards.

24-17.

Wembley se remet à croire à un retournement de situation.

Mais Arizona State verrouille les dernières possessions et conserve finalement cette avance de sept points.

24-17.

Les Sun Devils remportent le premier Union Jack Classic et repartent de Londres avec une victoire particulièrement précieuse : leur bilan passe à 2-1, dont 1-0 en Big 12. Kansas tombe à 1-2, 0-1 dans la conférence.

LES CHIFFRES QUI RACONTENT LE MATCH

24-17 : score final en faveur d'Arizona State.

46 523 : spectateurs présents à Wembley.

414-228 : avantage Kansas en yards totaux.

235 : yards à la passe pour Isaiah Marshall.

95 : yards à la passe pour Cutter Boley.

89 : yards au sol pour Dylan Edwards, meilleur coureur de Kansas.

81 : yards au sol pour Kyson Brown, meilleur coureur d'Arizona State.

72 : yards du touchdown de Tate Nagy sur retour de punt.

100 : yards du kickoff return de Jaren Hamilton pour le touchdown.

3-0 : avantage Arizona State dans la bataille des turnovers.

3h37 : durée totale de la rencontre.

20°C et pluie : les conditions météo à Wembley.

LE COLLEGE FOOTBALL A TROUVÉ SON NOUVEAU TERRAIN DE JEU

Le plus intéressant, finalement, n'est peut-être pas le score. C'est ce que cette journée représente. La NFL connaît Londres depuis près de vingt ans. Le football universitaire, lui, vient seulement de franchir le pas. Et il ne l'a pas fait à moitié.

Marching bands, cheerleaders, mascottes, tailgate, étudiants, supporters venus des États-Unis : tout ce qui fait l'identité du college football avait traversé l'Atlantique.

Même les détails les plus américains semblaient légèrement surréalistes dans le décor londonien. Et puis il y avait Wembley.

Pour moi, derrière l'objectif, c'est probablement ce contraste qui fera date. Un stade associé depuis toujours au football anglais.

Une pelouse transformée pour une journée en terrain de Big 12. Des joueurs universitaires courant sous la pluie londonienne.

Des milliers de supporters américains venus vivre un morceau de leur culture à plusieurs milliers de kilomètres de leur campus.

Et au milieu de tout cela, un match finalement très américain dans son scénario : une équipe qui domine les statistiques mais perd le match, des turnovers qui changent tout, des équipes spéciales capables de faire basculer une rencontre et un dernier quart-temps sous tension. Arizona State repart avec la victoire.

Mais le véritable vainqueur de cette première édition du Union Jack Classic pourrait être une idée beaucoup plus large : le college football n'est plus seulement un spectacle américain. À Wembley, il vient de commencer à raconter son histoire au-delà de ses frontières.

J'ai déjà hate de remettre le couvert l'an prochain !

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 C'est un f... de p... arrogant. C'est ce qui fait de lui un si grand joueur.  – Lawrence Taylor à propos de son coéquipier Phil Simms

En VO :  He's a cocky sumbitch. That's what makes him such a great player. 

Citation réelle proposée par Guillaume. Suggérer une citation réelle ou fictive pour 10 Bzh !