Seahawks '13 vs Broncos '15 : Legion of Boom ou Orange Crush 2.0 ? 3/3Verdict ?

Le vainqueur est...
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le 16/03/2016 à 18:55 par Tili

Sitôt le Super Bowl en poche dimanche 7 février 2016, la défense des Broncos 2015 ne manque pas de susciter les éloges et surtout les analogies, tant la manière et la domination rappellent les illustres défenses du passé. Particulièrement celle des Seahawks 2013, encore fraîche dans les mémoires. Comme un air de déjà-vu, deux ans auparavant… L’Orange Crush 2.0 est-il d’ores et déjà en mesure d’éclipser la Legion of Boom ? Un nouveau prétendant dispute-t-il le trône contemporain ? Bienvenue dans la troisième et dernière partie de ce dossier ambitionnant de répondre à ces questions.

 

 

Les statistiques ont parlé. Prestige des chiffres et des classements en saison régulière pour les Seahawks. Prestige des chiffres et des deltas en playoffs pour les Broncos ; adversité en saison régulière puis en playoffs pour les Broncos.

 

LA SAISON RÉGULIÈRE

Les Seahawks obtiennent de loin la primeur des statistiques brutes. En témoigne le total de catégories dans lesquelles ils mènent la ligue : 31 contre 18. Ou encore le classement moyen : 3.26 contre 4.88. Ils remportent allègrement le duel des chiffres dans la majorité des catégories classiques. Les statistiques avancées confirment la donne, même s’il en transparaît un mince écart. Cette tendance collective explique sans doute pourquoi ils suscitent un plus grand plébiscite d’un point de vue récompenses individuelles. Si Kam CHANCELLOR et compagnie se démarquent clairement en matière de scoring et de ballons récupérés, T.J. WARD et ses acolytes leur tiennent la dragée haute en matière de yards et les surclassent contre la course. À remarquer toutefois que les recensements portant sur les points et les turnovers sont plus nombreux que ceux sur les yards et la course. Il existe donc plus de compartiments mettant en avant les forces des premiers que celles des seconds. L’approche par drive favorise également Seattle. Elle mérite cependant de s’y attarder. D’après Pro-Football Reference, les protégés de Dan QUINN défendent 186 drives et ceux de Wade PHILLIPS 201. Soit une différence de 15. Sachant que les moyennes par match se montent à 12.0 en 2013 et 11.7 en 2015, Denver défend environ l’équivalent de cinq quart-temps subsidiaires. D’après Football Outsiders, les protégés de Dan QUINN défendent 179 drives et ceux de Wade PHILLIPS 195. Soit une différence de 16. Sachant que les moyennes par match se montent à 11.6 en 2013 et 11.3 en 2015, Denver défend environ l’équivalent de cinq quart-temps et demi subsidiaires. Même si fondamentalement les moyennes par drive valorisent les balbuzards, il n’est pas étonnant qu’un tel surplus heurte les chiffres bruts des chevaux sauvages, et par extension leurs moyennes. De façon imagée, les chiffres des Seahawks établis en 16 matchs devancent (de peu) ceux des Broncos établis en plus de 17.

L’avantage numérique global des bleus marine ne doit pourtant pas masquer l’adversité à laquelle font face les oranges. Hormis les points concédés par les unités spéciales, tous les voyants non défensifs sont en leur défaveur. Le décalage au niveau des drives dévoile à merveille la différence de soutien dont jouit chaque groupe, explicitée par les cellules rouge vif du tableau. La défense qui dispose de l’attaque et des unités spéciales la plaçant dans les pires conditions est indiscutablement celle des Broncos. Motif pour lequel le total de drives augmente d’un côté, pas de l’autre. Les difficultés à protéger le ballon, générer des points, rester sur le terrain, consumer l’horloge, donner des positions de départ décentes et procurer une avance comptable plus confortable constituent un frein colossal qui ne saurait et ne devrait être ignoré au moment de juger et comparer les productions. À noter que la formation de Mile High joue trois matchs au cours desquels son attaque n’inscrit aucun touchdown ; elle parvient quand même à en remporter deux. L’assortiment accroît la composante adversité rencontrée. D’autant que des deux onzes, celui des Rocheuses se frotte aux attaques de loin les plus menaçantes (+658.50 points attendusPoints attendus
Statistique avancée de Pro Football Reference. Exprime les points générés par chaque entité (défense, attaque, unités spéciales) en fonction de la tentative, de la distance jusqu'à l'en-but, de la position sur le terrain et du résultat du jeu. Chaque jeu donne lieu à un chiffre allant de -7 (touchdown concédé) à +7 (touchdown marqué). L'addition du résultat de chaque jeu donne la contribution sur le match. L'addition de chaque match donne la contribution sur la saison. Une valeur positive indique que l’entité prend l'ascendant sur son vis-à-vis. Une valeur négative indique que le vis-à-vis prend l'ascendant sur l’entité. Le nombre indique l'ampleur de cet ascendant.Disponible de 1995 à maintenant.
contre +21.52, soit une différence de 636.98 ; +3.2 % de DVOADVOA
Statistique avancée de Football Outsiders. Signifie « Defense-adjusted Value Over Average », ou valeur défensive ajustée par rapport à la moyenne. Exprime l’efficacité d’une entité. La DVOA analyse le résultat de chaque jeu de la saison et le compare à la moyenne NFL en tenant compte de la situation et de l’adversaire. Comme ce concept mesure la capacité à marquer, plus le pourcentage diminue pour la défense, plus elle se détache positivement par rapport aux autres ; plus le pourcentage augmente pour l'attaque et les unités spéciales, plus elles se détachent positivement par rapport aux autres.Valeur définitive disponible de 1989 à maintenant, valeur estimée disponible de 1950 à 1988.
offensive moyenne contre -3.7 %, soit une différence de 6.9 %), et à des rendez-vous sensiblement plus périlleux (7 matchs contre des équipes qui se qualifient en playoffs contre 5).

L’apathie offensive et des unités spéciales s’avère-t-elle décisive ? Les matchs serrés sont propices aux performances défensives. Ils consentent à affoler les compteurs (points, yards, moyennes…) puisque l’adversaire n’a pas besoin de lancer à outrance pour (re)coller au score ; étant entendu que la passe rapporte plus et plus vite que la course. Confronté à une attaque capable d’enflammer le tableau d’affichage, l’adversaire ouvre son cahier de jeu, synonyme de prise de risque accrue. Ce qui, par extension, écorche les statistiques de la défense. Ainsi, elle peut être amenée à gérer plutôt qu’à dominer. Du coup, seuls les totaux de turnovers et de sacks sont aptes à augmenter car l'urgence comptable pousse plus facilement l'opposition à la faute. Plusieurs minutes voire un quart-temps de garbage time gonflent négativement les autres chiffres, ne reflétant pas forcément la maîtrise effective lorsque les débats sont encore équilibrés. Ce n’est un secret pour personne : la défense préventive et/ou le remplacement des titulaires garantissent rarement des exploits. Ce n'est pas un hasard si les collectifs légendaires s’accompagnent généralement d’attaques indigentes : Buccaneers 1999, Bears 2005 ou… Broncos 2015, contrairement aux Seahawks 2013. Des équipes telles que les Redskins 1991 et les Packers 1996 servent néanmoins de jurisprudence. En effet, malgré des attaques exceptionnelles, les défenses trustent les premières places. Par ailleurs, courir égraine le chronomètre, donc soulage les partenaires sur le banc en réduisant les opportunités adverses. Voilà pourquoi nombre de grandes défenses sont soutenues par un jeu au sol compétent : Giants 1990, Oilers 1993 ou… Seahawks 2013, contrairement aux Broncos 2015. En outre, la configuration avance au score est à double tranchant. D’un côté, elle sous-entend une inflation statistique à l’encontre de la défense. De l’autre, elle se révèle potentiellement salvatrice. Que décide une attaque en quatrième tentative, à distance de field goal mais amplement distancée au tableau d'affichage ? Elle essaye de convertir. En tentant sa chance, elle parie sur sa faculté à récupérer 4 points bonus, avec le risque d’en abandonner 3 au passage et de repartir bredouille. Quand la défense contrarie la conversion, le scénario a plaidé en sa faveur. Au lieu de concéder au minimum 3 points, elle sort du terrain sans dommage. Situation analogue, bien qu’à l’impact comptable inférieur : une tentative de conversion à 2 points après un touchdown. Si elle échoue, la défense se voit délestée du point automatique (du moins avant 2015) lié à la conversion au pied. Elle sort du terrain en ayant encaissé 6 points au lieu de 7. Enfin, lorsque les circonstances rendent l'attaque adverse unidimensionnelle, le jeu de dupes disparaît étant donné sa prévisibilité. Cela facilite l’anticipation : le respect envers la course s’amenuise, la concentration sur la passe s’amplifie. Des avantages et des inconvénients, peu importe le cas de figure au final…

À elle seule, la difficulté du calendrier excuse-t-elle l’écart statistique ? Au premier abord, il paraît évident que jouer une opposition moins dense favorise les performances de haut vol. Seulement, ce n’est pas complètement rédhibitoire. Il n’est pas rare d’observer un phénomène de décontraction lorsque se présente un opposant a priori inférieur. Autrement dit, certains se motivent plus facilement pour les rencontres de gala (en prime time, contre un favori, contre un rival de division…) que pour les équipes de fond du classement. Personne n’échappe à la décompression naturelle dans pareil cas. Personne n’est à l’abri de se mettre involontairement au niveau de son adversaire. Pour le meilleur, lorsqu’il est question de cador ; pour le pire, quand il s’agit de plus faible. Point commun entre les sujets du présent dossier : ils justifient leur réputation contre les poids lourds alors qu’ils subissent quelques éclats inattendus contre les mauvais élèves. Un programme relevé offre plus d’opportunités de se faire malmener. Il offre également plus d’opportunités de s’investir au summum, de se mettre en avant et de briller, à l’image de la problématique du match serré favorisant la production défensive. Après tout, les Eagles 1991 battent des records nonobstant un agenda brutal ; Steelers 2008 et Jets 2009 s’en approchent en dépit d’exercices tout aussi compliqués. Finalement, peut-on réellement blâmer une équipe pour son planning, dans la mesure où elle ne choisit ni ses adversaires ni leur niveau ?

 

Une place dans l’Histoire

S’il ne peut répondre catégoriquement à cette question, le concept de DVOA trouve son utilité et apporte une vision originale, parce qu’il indexe au maximum la performance au contexte dans lequel elle se déroule : tendances de la saison concernée, niveau de l’adversaire… La valeur définitive remonte jusqu’à 1989, la valeur estimée remonte jusqu’à 1950. Les calendriers à 16 dates (1978-2015) englobent 1081 équipes. Grâce à un pourcentage homologue (-25.9 % vs -25.8 %), Legion of Boom et Orange Crush 2.0 se classent dans le top 10, respectivement 8èmes et 9èmes. Dans les deux cas, ils font partie des 13 défenses atteignant le seuil des -25 %. La valeur pondérée confère un avantage conséquent à des Seahawks terminant 5èmes avec -30.0 %, faisant d’eux la 5ème défense atteignant ce seuil, quand les Broncos reculent à la 20ème place avec -22.1 %. En supplément des classements historiques en DVOA, les deux tableaux ci-dessous incluent en parallèle les tops aux points attendus, à titre de comparaison et pour information (données disponibles de 1998 à 2015, pour 571 défenses).

 

En matière de passe, Richard SHERMAN, Earl THOMAS etc. apparaissent 7èmes ex-æquo avec -34.2 % ; Aqib TALIB, Bradley ROBY etc. apparaissent quant à eux 22èmes avec -28.0 %. Ces derniers réduisent drastiquement l’écart grâce à la course, puisqu’ils finissent 30èmes avec -22.8 %, là où leur concurrent émerge au 123ème rang avec -15.2 %.

 

Ces paramètres mettent en lumière et appuient le côté historiquement :

Dominateur des Seahawks contre l'une des deux voies offensives. Ils font partie des 19 défenses sous le seuil des -30 % dans l’un ou l’autre domaine. En l’occurrence, ils sont parmi les 13 parachevant cet accomplissement contre la passe.

Équilibré des Broncos. Ils sont seulement la 10ème défense sous le seuil des -20 % simultanément contre la passe et la course.

 

LES PLAYOFFS

Le niveau de compétition augmente en janvier. Il est donc légitime de constater une fluctuation des chiffres. Raison pour laquelle il semble pertinent d'en mesurer l’étendue, afin d’identifier le groupe performant au plus près de ses standards. De façon surprenante, les Broncos gagnent non seulement la bataille du delta mais également des chiffres bruts, tout en se retrouvant placés dans des situations plus délicates par leur attaque et leurs unités spéciales. Ils réduisent l’écart, le creusent même en matière de moyennes par tentative et par drive. Sachant qu’ils rencontrent les attaques à la DVOA moyenne la plus élevée, par conséquent sur la meilleure dynamique. Si l’on considère qu’une défense doit hausser son niveau dans les moments décisifs, quoi de plus significatif que les playoffs ? À ce jeu-là, les Broncos se subjuguent.

Il convient de revenir sur les statistiques avancées concernant les attaques affrontées. A été opéré le choix de ne pas prendre en compte les performances en saison régulière, mais exclusivement celles en playoffs précédant l’affrontement avec la défense. Ceci afin de fournir un aperçu plus fidèle à la forme du moment. En complément, voici les résultats basés sur la saison régulière :

Les attaques rencontrées par les bleus marine s’avèrent plus performantes que celles rencontrées par les oranges, dans tous les cas. Ou presque, puisque la DVOA arrive à une autre conclusion en ne traitant que les joutes éliminatoires. Ce décalage avec les points attendus, déjà observé dans les tops historiques antérieurs, illustre l’intérêt de multiplier les angles de vue. Bien que statistiques avancées tous les deux, ces concepts adoptent une approche différente. Celui de points attendus utilise un modèle figé, transposé d’une saison à l’autre sans considération du contexte. Contrairement à celui de DVOA, articulé autour de la factorisation de cette composante. Chacun présente donc une limite fondamentale à intégrer. Les points attendus permettent une comparaison frontale, directe de la stricte production, car celle-ci est exprimée en valeur absolue. Or, les règles évoluent perpétuellement en direction de l’attaque. Les contraintes règlementaires sont-elles plus nombreuses en 2013 ou 2015 ? Plus la défense est récente, plus elle démarre avec un handicap. Ce concept met en exergue l’évolution du rapport de force entre défenses (qui génèrent de moins en moins de points attendus) et attaques (qui en génèrent de plus en plus). Pour sa part, la DVOA permet une comparaison indirecte de la production, car celle-ci est exprimée en valeur relative. Est évalué dans quelle proportion une entité se détache de ses pairs. Or, le niveau intrinsèque du championnat varie d’une année à l’autre. La qualité de jeu est-elle supérieure en 2013 ou 2015 ? Les cadors de 2013 sont-ils meilleurs que ceux de 2015 ? Les faibles de 2013 sont-ils plus mauvais que ceux de 2015 ? Chacun se forgera son opinion. D’après ces concepts, en ne considérant que les playoffs, les attaques affrontées sont plus fortes dans l’absolu pour le onze de Dan QUINN, plus fortes par rapport au contexte de la saison pour celui de Wade PHILLIPS.

Malgré une variation positive de la majorité des rubriques sur lesquelles aucune défense n’a d’emprise, ces dernières restent foncièrement à l’avantage des Seahawks. Seuls les point attendus relatifs à leurs unités spéciales et la DVOA de leur attaque les desservent. D’un rien, puisque la différence est respectivement égale à 1.76 (+23.77 vs +25.53) et 1.0 % (-9.5 % vs -8.5 %). Comme en saison régulière, la troupe de Von MILLER se retrouve constamment dos au mur. Or, cette fois, cela ne l’empêche pas de remporter la primeur de la production brute et par drive. Elle en affronte d’ailleurs 9 supplémentaires, quasiment l’équivalent d’un match rajouté à sa charge en seulement trois sorties. Son attaque reste encore moins longtemps sur le terrain. Les positions de départ, bien qu’identiques à celles des Seahawks, demeurent en sa défaveur. Elle se retrouve engagée dans des matchs au couteau, sans jamais bénéficier de gros avantages au score : en moyenne, elle commence chaque drive avec un différentiel de +5.00, contre +11.03 pour la troupe de Bobby WAGNER. Vu que les deux escouades offrent à leur attaque des opportunités additionnelles de marquer grâce aux ballons qu’elles leur rendent, cela signifie que celle de la Legion of Boom se révèle plus efficiente quand il s’agit de capitaliser, soulignant à nouveau l’aide minimale reçue par l’Orange Crush 2.0.

Le delta permet de discerner le groupe performant au plus près de ses standards, et/ou élevant le plus son niveau. Cette approche comparative requiert des précautions. Effectivement, plus la valeur de départ est faible, plus il semble aisé de progresser (et donc plus l’ampleur de la progression sera forte). À l’inverse, plus la valeur de départ est forte, plus il apparaît : difficile de progresser (et donc plus l’ampleur de la progression sera faible), probable de stagner (et donc plus l’ampleur de la stagnation sera neutre), aisé de régresser (et donc plus l’ampleur de la régression sera forte). Toutefois, si l’on admet que les hommes de Gary KUBIAK dominent les statistiques défensives de la saison 2015, on peut considérer qu’ils établissent des standards contemporains élevés. Les hommes de Pete CARROLL, quant à eux, partent de tellement haut qu’une légère baisse semble inévitable. Il n’en est rien côté volume de points et ballons récupérés par match ou par drive, où ils restent eux-mêmes voire se surpassent. À défaut de concerner ces aspects du jeu, la baisse se matérialise autre part et interpelle par son caractère généralisé. La variation négative d’un grand nombre de critères indique vraisemblablement une saison régulière en surrégime, la prégnance des semaines clémentes sur le niveau de performance. La défense contre la passe se voit peut-être magnifiée par les oppositions récurrentes avec des attaques aériennes modestes. Les chiffres exceptionnels passent (quasiment) tous dans le rouge en playoffs, tandis que des Broncos plus familiers avec la compétition relevée accroissent globalement les leurs. En revanche, ne pas négliger le fait que les statistiques des Seahawks incluent une joute contre l’attaque la plus prolifique de l’Histoire. Un facteur important qu’ils tournent en anecdote : à cette occasion, ils réalisent sûrement la prestation défensive la plus aboutie du Super Bowl. Cet argument nécessite un petit bémol. Bien qu’en démonstration en Divisional puis en Championship, cette attaque y connaît déjà quelques ratés face à des défenses banales voire médiocres. À l’inverse, l’attaque des Panthers, moins impressionnante dans l’ensemble, arrive plus fringante au Big Game, maltraitant au passage deux des défenses références de la saison. Si la Legion of Boom démantèle un mastodonte en finale, Russell WILSON et les siens la secondent ; ils prennent allègrement l’ascendant sur leur vis-à-vis. Pendant sa campagne, l’Orange Crush 2.0 supporte le poids de sa franchise. Hormis contre les Steelers où il reçoit un peu d’aide en provenance de Peyton MANNING et consorts, il lui incombe d’être supérieur à l’attaque qu’il affronte, à la défense adverse et à sa propre attaque pour franchir les obstacles. Il ne faut pas sous-estimer, pour une demi-équipe, le défi titanesque que représente l’affrontement contre une équipe complète (Patriots), surtout lorsqu’elle déploie la deuxième meilleure défense (Panthers) : il ne s’agit plus uniquement de prévenir les points mais d’en produire.

 

S’IL NE DEVAIT EN RESTER QU’UN…

La Legion of Boom se montre dominante, elle obtient du soutien dans l’ensemble. Les Broncos, eux, vivent et meurent par l’Orange Crush 2.0. Parmi les défenses historiques, il y a celles dont les attaques les suppléent (Packers 1996, Redskins 1991, Vikings 1988, Bears 1985…), celles dont les attaques ne sont ni un cadeau ni un trop lourd fardeau (Steelers 2008, Ravens 2006, Titans 2000, Saints 1991…), et celles sans attaque (Jets 2009, Buccaneers 2002, Ravens 2000, Eagles 1991…). « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » ; les défenses de la troisième caste détiennent donc un crédit immense. En 2013, Seattle est une équipe défensive assez complète dans la totalité. En 2015, Denver est une demi-équipe reposant presque intégralement sur sa défense. Chaque grande escouade polit son héritage grâce à un argument majeur. Celui des Seahawks 2013 ? Indubitablement, la leçon infligée à une attaque record lors du Super Bowl XLVIII. Celui des Broncos 2015 ? Avoir tracté jusqu’au titre l’équipe abritant certainement la pire attaque jamais sacrée.

En définitive, à chacun de jauger le candidat qu’il trouve prépondérant, en fonction des critères privilégiés : ultra domination unidimensionnelle / domination équilibrée, statistiques en saison régulière / playoffs, chiffres bruts / par tentative / par drive, delta de performance, adversité, calendrier… Sans oublier un élément intangible difficilement quantifiable : l’impression visuelle laissée, dont l’appréciation demeure hautement subjective. Pour les cartésiens, la présente étude balaye un champ large, afin de dresser le tableau le plus exhaustif possible. Quoi que chacun décide, il existe peu de chance de se tromper, tant les deux candidats se détachent de la masse et sont proches l’un de l’autre. Ni bon, ni mauvais choix. Chacun possède ses arguments et ses points noirs. Pas de vérité immuable sur lequel prévaut, simplement des préférences en fonction des affinités avec tel ou tel paramètre. Seahawks 2013 ou Broncos 2015 ? Legion of Boom ou Orange Crush 2.0 ? S'il ne devait en rester qu'un, le vainqueur serait…

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 Rod Woodson a prouvé que le Président Thomas Jefferson avait tort lorsqu'il a dit que tous les hommes sont nés egaux.  – Steve Sabol (président de NFL Film)

En VO :  Rod Woodson proved Thomas Jefferson wrong when he said that all men are created equal. 

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